Le blog du Collège Eugène Yssap
De grâce, cessons de rejeter sur l'autre la responsabilité d'un échec collectif et Travaillons ENSEMBLE pour la réussite de nos enfants.
Un enseignant...Un parent.
Jean-Michel BELLEJAMBE
Ce blog est un espace d'échange qui permet aux élèves, parents et professeurs d'échanger leur point de vue et c'est très bien ainsi. A propos du rattrapage, il faut que chacun ait à l'esprit la complexité de la situation:
- tous les personels ne rattrapant pas, il est très difficile d'organiser des journées sans "trou" dans les emplois du temps.
- Pour les mêmes raisons tous les services liés à l'entretien, au matériel, à la surveillance ne sont pas opérationnels à 100%
- les élèves n'étant pas mobilisés depuis la reprise, on aurait du gérer un fort absentéisme. Ce matin, j'avais déjà entre 5 et 10 absents en classe
- certaines classes ont déjà eu beaucoup d'heures supplémentaires et il faut que les élèves digèrent des connaissances acquises un peu au pas de course pour combler le retard
- des problèmes récents de discipline et de violence laissent à penser que les élèves sont très perturbés en ce moment faute d'être fatigués par un 2ème trimestre harassant
- l'état dans lequel se trouve les abords du collège et le reste de la commune n'envoie pas un message à nos élèves de rigueur et de respect.
- certains collègues, dont moi, étions favorables au rattrapage mais exténués, par ces dernières semaines de travail ou de tensions avec les élèves
Voilà, quelques raisons qui ont empêché que le rattrapage se fasse dans de bonnes conditions cette semaine même s'il aurait été souhaitable.
Elèves de 3ème, utilisez ces quelques jours pour réviser le brevet, parents profitez pour les encourager et les remotiver.
Cordialement
Mme Hugues, professeur d'histoire géographie
A tous MERCI et encore BRAVO
Nous restons à votre écoute et vos commentaires constructifs seront les bienvenus.
Jean-Michel Bellejambe
Professeur de technologie et Parent
Bravo à tous les parents bien pensants qui dénigrent par blog ou par voie de presse notre métier ! Bravo à eux de donner à la population , à leurs enfants un jugement irrespectueux des enseignants ! Bravo à la presse de les soutenir ! Une collègue se fait poignarder pendant son cours et les médias ne parlent que de l'enfant qui avait reçu une punition, du professeur : 2O secondes et un entre-filet dans les journaux !
Je suis scandalisé , blessé profondément par tous ces commentaires qui vont briser pour longtemps les rapports entre les enseignants, les enfants, les parents. Voilà 40 ans que j'enseigne, que j'exerce ce métier avec une conscience professionnelle que nul ne peut remettre en cause, que mes élèves me respectent parce qu'il savent que je suis là pour les faire avancer, coûte que coûte, avec les maigres moyens qui sont mis à notre disposition pour sauver des élèves en difficulté. J'ai connu 17 ministres donc 17 réformes toutes visant à économiser sur le budget de l'éducation nationale. On nous en demande toujours plus. Notre mission, celle d'enseigner, est passée à la trappe : il faut être assistant social, créateur de méthodes, arbitre, s'occuper de sécurité routière, de santé...il faut inculquer la politesse élémentaire aux enfants, rôle en principe des parents...Alors quand on vient nous parler de désengagement, ma colère est immense. Le 5 mars, quand nous nous sommes retrouvés en assemblée générale, tous troublés par la situation qui avait jeté les enfants dans la rue pendant cinq semaines, et personne ne peut accuser la majorité des enseignants de ce fait, il est vrai que nous avons établi un plan de rattrapage. J'avais soulevé la folie de vouloir faire travailler des enfants pendant quinze semaines avec une seule semaine d'interruption. Jamais cela ne s'est produit dans l'histoire de l'éducation, les rythmes scolaires ont été étudiés par des spécialistes.
Que s'est-il donc passé ???
Nous nous sommes retrouvés face à des élèves démotivés, revendicateurs, et pour cause, et qui comme les adultes avait accumulé un certain stress face aux événements. Madame la principale a organisé des réunions avec les parents dont une majorité a brillé par son absence. Lors des réunions parents-professeurs, les parents qu'on souhaitaient voir ne se sont pas dérangés. J'enseigne , entre autre, dans deux quatrièmes et sur 57 élèves, je n'ai vu que 8 parents. Le travail à la maison n'était pas fait, les enfants n'apportaient même plus leurs livres s'endormaient en cours, le taux d'absentéïsme a augmenté, les attitudes irrespectueuses se sont multipliées. Comment dans ces conditions demander aux enseignants de rattraper quand le public le refuse ostensiblement, comment dans ces conditions emmener des élèves jusqu'à la fin du mois de juin ? Voilà pourquoi, en notre âme et conscience et non pas pour profiter de quatre jours de vacances, nous avons décidé qu'il serait bon de faire une vrai pause pour apaiser les esprits. Maintenant, si les parents jouent le jeu et obligent leurs enfants à venir en cours jusque fin juin, s'ils les obligent à faire leur travail, les programmes seront bouclés et la suite des études ne sera pas mise en péril. J'ai obtenu mon bac en 68 après deux mois de grêve et cela ne m'a pas empêché de réussir mes études supérieures.
Il serait bon pour l'avenir de l'école, c'est à dire pour l'avenir des enfants que les parents cessent de perdre leur temps à polémiquer, soutiennent le travail difficile des enseignants, les rencontrent, discutent pour qu'enfin chacun puisse se comprendre. Là et seulement là, on pourra dire BRAVO à tout le monde sans arrière pensée.
Alain Peudupin,
Professeur de Français.
Je m'associe largement à l'argumentaire développé par notre collègue de lettres M. Peudupin.
Celui-ci résume largement la situation actuelle quant à la diifficulté d'exercer notre métier dans des conditions sereines.
J'aimerais d'autre part que les éventuels donneurs de leçons ne le fassent pas de manière anonyme mais signent leur écrit.
Je suis toutefois certain de la confiance que nous accorde la très large majorité des parents qui ne doutent pas que nous faisons des choix dans l'intérêt premier de nos élèves.
J'appelle donc à plus de retenue et à un élan collectif pour achever cette année scolaire particulière dans des conditions constructives et apaisées.
Fred Muller
Professeur d'EPS
Nous pensons que nous devrions plus que jamais, Parents et Enseignants, travailler de paire afin de tirer le meilleur de ce mois de juin.